Réunis à Bamako pendant trois jours, les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont franchi une étape décisive dans la structuration de leur secteur. À l’issue de leurs travaux, ils ont procédé à l’Assemblée générale constitutive de la Confédération du cinéma et de l’audiovisuel de l’AES, une organisation qui ambitionne de fédérer les énergies et de donner une orientation commune au développement de l’image dans l’espace sahélien.
Les échanges ont été marqués par une même aspiration, celle de sortir de la posture de simples consommateurs d’images produites ailleurs pour devenir de producteurs de récits. « Nous ne voulons plus seulement regarder le monde. Nous voulons que le monde nous voie à travers nos propres objectifs, avec nos propres mots et selon nos propres réalités », a lancé un intervenant, résumant l’esprit de la rencontre.
Pour les participants, cette Confédération doit être bien plus qu’un cadre symbolique. Elle est appelée à devenir une structure opérationnelle capable de financer, produire et diffuser des œuvres cinématographiques et audiovisuelles à l’échelle de l’AES. « Chers collègues, nous devons sortir de cette assemblée avec une organisation forte, capable d’accompagner toute la chaîne de valeur, de la création à l’exploitation de nos films », a insisté un autre acteur du secteur.
Les professionnels estiment qu’il est désormais temps d’assumer pleinement la responsabilité de raconter leurs histoires, sans dépendre exclusivement de financements extérieurs. « L’idée, c’est de booster notre cinéma à travers la production, mais aussi la distribution et l’exploitation de nos œuvres sur notre propre espace. Nous devons être capables de financer nos productions et de prouver qu’en Afrique, il existe de véritables acteurs culturels », a souligné un participant.
Au cours des discussions, le rôle stratégique du cinéma et de l’audiovisuel dans la construction des sociétés sahéliennes a été largement mis en avant. Ces secteurs sont considérés comme des instruments puissants de cohésion sociale, de dialogue et de réunification. Ils permettent non seulement de valoriser les cultures locales, mais aussi de renforcer le sentiment d’appartenance à un même espace communautaire.
L’Assemblée générale constitutive de Bamako vient ainsi concrétiser plusieurs mois de réflexions et de concertations entre les différentes corporations. Le Mali, à travers son Centre national de la cinématographie, a réaffirmé son engagement à accompagner le processus, notamment en conduisant un état des lieux du secteur et en facilitant la centralisation des actions par filière.
En posant les bases de cette Confédération, les professionnels de l’image de l’Alliance des États du Sahel affirment leur volonté de bâtir une industrie forte, solidaire et ambitieuse. Une industrie capable de porter haut la voix du Sahel et de faire de ses peuples les premiers narrateurs de leur propre histoire.
Bruno Bayala
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