La Libye entend franchir un cap majeur dans le secteur gazier au cours des prochaines années. Le pays prévoit d’augmenter sensiblement sa production de gaz naturel afin de renforcer ses exportations vers l’Europe à l’horizon 2030. L’annonce a été faite par le président de la National Oil Corporation (NOC), Masoud Suleiman, en marge de la conférence internationale LNG2026 tenue à Doha.
Selon le responsable libyen, la production nationale de gaz devrait atteindre environ un milliard de pieds cubes standards par jour dans les cinq prochaines années. Dans le même temps, Tripoli envisage de lancer, dès le second semestre de cette année, des opérations d’exploration de gaz de schiste, marquant une nouvelle orientation stratégique vers les ressources non conventionnelles.
Masoud Suleiman a rappelé que la Libye dispose d’un potentiel gazier considérable, estimé à près de 80 trillions de pieds cubes, comprenant à la fois des réserves conventionnelles et non conventionnelles. Malgré cette abondance, les exportations restent pour l’instant limitées et s’effectuent principalement via le gazoduc Greenstream, qui relie la Libye à l’Italie.
Ce potentiel énergétique demeure toutefois freiné par l’instabilité politique chronique que connaît le pays depuis 2011. Les luttes d’influence entre factions rivales autour du contrôle des revenus pétroliers ont régulièrement perturbé la production, entraînant la fermeture temporaire de plusieurs sites d’exploitation et renforçant la prudence des investisseurs étrangers.
Dans un effort de relance, la NOC a annoncé que les résultats du dernier appel d’offres pour l’attribution de licences pétrolières et gazières seront publiés le 11 février prochain. Cette procédure a suscité l’intérêt de 37 entreprises internationales, issues d’Asie, d’Europe, d’Amérique du Nord, du Moyen-Orient et d’Afrique, parmi lesquelles figurent des groupes majeurs tels que Chevron, Eni, ConocoPhillips ainsi qu’un consortium conduit par Repsol.
La compagnie nationale prévoit par ailleurs de lancer un nouvel appel d’offres avant la fin de l’année, qui pourrait inclure l’exploitation de ressources non conventionnelles et de champs marginaux, avec pour objectif d’attirer davantage de capitaux et de stimuler la production nationale.
La Libye a récemment signé un accord pétrolier de 25 ans avec TotalEnergies et ConocoPhillips, un partenariat perçu par les autorités comme un signal positif du retour progressif de l’intérêt international pour le secteur énergétique libyen.
Yolande Bazié
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