L’affaire Gabriele Nunziati a ravivé une question centrale pour l’Union européenne : celle des limites concrètes de la liberté journalistique. Le correspondant d’Agenzia Nova a été licencié après avoir demandé à la porte-parole de la Commission européenne si Israël devait contribuer à la reconstruction de Gaza, alors que l’Europe discute de l’utilisation des avoirs russes pour financer la reconstruction de l’Ukraine. Sa question, devenue virale, a été jugée « incorrecte » et « hors sujet » par sa rédaction. Les organisations professionnelles de journalistes ont dénoncé une restriction de la liberté d’informer. La Commission européenne, de son côté, affirme ne pas être intervenue dans cette décision. Quelques semaines plus tard, un journaliste d’Euronews a posé une question similaire sans en subir les mêmes conséquences.
Cet épisode met en lumière une réalité que beaucoup hésitent à reconnaître : en Europe, les réactions institutionnelles et éditoriales varient selon les sujets abordés. Certaines questions sont acceptées sans difficulté, d’autres suscitent des controverses internes. Les rédactions comme les institutions opèrent souvent au croisement de leurs priorités diplomatiques et de leurs sensibilités politiques.
Au même moment, les autorités du Mali, du Burkina Faso et du Niger font entendre une critique de plus en plus ferme envers certains médias européens. Ces États, qui mènent une lutte déclarée contre des groupes terroristes, affirment que plusieurs traitements médiatiques ne reflètent pas les efforts engagés pour sécuriser les territoires, protéger les populations et restaurer la stabilité.
Dans de nombreux discours publics sahéliens, la couverture médiatique européenne est décrite comme déséquilibrée. Les autorités soulignent que certains contenus insistent presque exclusivement sur les critiques ou les difficultés, et ne rendent pas compte des actions menées pour réduire l’influence des groupes terroristes, soutenir les communautés affectées et renforcer la souveraineté nationale. Ces critiques traduisent une volonté affirmée des États du Sahel de voir leurs efforts reconnus, et de corriger ce qu’ils considèrent comme des représentations incomplètes ou réductrices.
Plusieurs rédactions européennes ont également fait l’objet de controverses publiques autour de leurs choix éditoriaux ou de leurs intervenants. Les gouvernements sahéliens affirment que ces pratiques alimentent la défiance et vont à l’encontre de leur objectif prioritaire : rétablir la sécurité et protéger leurs populations face à la menace terroriste.
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