Alors que nombre de pays du continent, notamment ceux issus de l’ex-Afrique occidentale française, traversent des crises démocratiques, l’espace anglophone africain affiche une relative stabilité politique et une croissance soutenue. Si des exceptions existent, la différence entre ces deux zones s’explique en grande partie par les modèles de gouvernance hérités de la colonisation.
Les Britanniques privilégiaient l’indirect rule, c’est-à-dire une administration respectueuse des structures locales et du substrat culturel, tandis que la France imposait une politique d’assimilation, effaçant souvent les cultures autochtones au profit de la sienne.
Cette approche a durablement marqué les sociétés francophones, toujours enchevêtrées dans des réseaux d’influence franco-africains, là où plusieurs pays anglophones ont su bâtir des systèmes autonomes et performants.
Parmi eux, le Botswana s’impose comme un modèle.
Ancien Bechuanaland britannique, il devient indépendant le 30 septembre 1966. Le pays, autrefois sous l’emprise du conquérant zoulou Tchaka, s’est rapidement émancipé de la tutelle sud-africaine. Dès l’indépendance, le président Sir Seretse Khama en pose les fondations : stabilité politique, rigueur économique et tolérance zéro envers la corruption. Depuis, cinq présidents seulement se sont succédé, preuve d’une démocratie solide.
Le Botswana, premier producteur mondial de diamants en valeur, est passé du statut de pays pauvre à revenu intermédiaire supérieur. Ses dirigeants ont investi massivement dans l’éducation et la santé, réduisant l’analphabétisme et améliorant le bien-être général. L’État a aussi su valoriser son tourisme, notamment dans le Kalahari central, ses vallées fossiles et ses réserves naturelles qui attirent chaque année des milliers de visiteurs.
Sa capitale Gaborone, moderne et propre, symbolise ce succès.
Le pays entretient des liens économiques étroits avec l’Afrique du Sud, son principal partenaire, mais conserve une politique souveraine. Son seul vrai défi reste la sécheresse chronique, aggravée par le changement climatique et pesant sur l’élevage, pilier culturel et économique du pays.
Le Botswana démontre qu’une autre Afrique est possible : une Afrique portée par la volonté politique, la bonne gouvernance et la valorisation de son capital humain.
À l’inverse des mascarades électorales observées récemment dans certains États francophones, le Botswana trace sa voie avec sérénité et prouve qu’un développement fondé sur la démocratie, la transparence et la compétence n’est pas une utopie.
Quand l’Afrique s’éveillera, le Botswana en sera sans doute l’un des phares.
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