Le secteur bancaire ghanéen est officiellement entré dans une nouvelle phase de normalisation réglementaire avec la fin, au 31 décembre 2025, des mesures de relâchement prudentiel mises en place par la Banque du Ghana (BoG) à la suite du Domestic Debt Exchange Programme (DDEP). Cette transition marque un retour à l’application intégrale des normes prudentielles, dans un contexte de reconstruction progressive de la stabilité financière nationale .
Introduites à partir de décembre 2022, les mesures de soutien réglementaire visaient à atténuer l’impact des pertes enregistrées par les banques après la restructuration de la dette intérieure. Elles comprenaient notamment la suppression temporaire du coussin de conservation du capital et l’autorisation d’étaler les pertes liées au DDEP sur une période de 04 ans. Ces aménagements avaient pour objectif d’éviter une crise systémique et de préserver la continuité des activités bancaires .
Avec l’expiration de ces allègements, les établissements financiers sont désormais tenus de respecter pleinement les ratios de fonds propres, les règles strictes de provisionnement des pertes et l’application intégrale des normes comptables internationales IFRS 9. Selon les données sectorielles, 21 des 23 banques universelles opérant au Ghana respectaient déjà les exigences de capital réglementaire à fin décembre 2025. Les deux banques restantes ont bénéficié d’un délai supplémentaire jusqu’à fin mars 2026 pour se conformer ou soumettre des plans crédibles de recapitalisation .
La Banque du Ghana a parallèlement renforcé son cadre de supervision, en annonçant des mesures ciblées pour réduire le niveau des prêts non performants. L’objectif affiché est de ramener le ratio de créances douteuses à 10 % d’ici décembre 2026, avec des restrictions automatiques sur les dividendes et les primes pour les banques dont le taux dépasserait 15 %. Ces dispositions traduisent la volonté du régulateur de consolider la discipline financière et d’améliorer la qualité des actifs bancaires .
Si ce retour à des normes prudentielles strictes est largement perçu comme un signal positif pour la stabilité du système financier et la confiance des investisseurs, il n’est pas exempt de défis. Les exigences accrues en capital pourraient exercer une pression sur la rentabilité des banques et, à court terme, restreindre l’offre de crédit, notamment au détriment des petites et moyennes entreprises. La capacité du secteur bancaire à concilier solidité financière et soutien à l’économie réelle constituera ainsi l’un des principaux enjeux de cette nouvelle phase post-DDEP .
Bruno Bayala
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