L’ONG SOS Prisonniers Gabon a exprimé, ce vendredi 09 Janvier 2026, à travers un communiqué son opposition ferme à toute éventuelle tentative de rétablissement de la peine de mort au Gabon.
En effet, dans son document, l’organisation rappelle que la peine capitale a été officiellement abolie au Gabon par la loi n°3/2010 du 15 février 2010, bien avant la cessation de sa pratique. Pour l’ONG, remettre en cause cette avancée constituerait un recul majeur en matière de droits humains.
Ainsi, SOS Prisonniers estime que la peine de mort ne constitue pas une réponse efficace à la criminalité. Elle souligne qu’aucune étude crédible ne démontre un lien direct entre son application et une baisse durable des crimes.
Selon l’association, les principaux dysfonctionnements de la justice gabonaise résident plutôt dans l’impunité, le manque de volonté politique et le déficit d’indépendance du pouvoir judiciaire. À ce titre, l’ONG cite plusieurs affaires non élucidées, notamment celles de Karl Stacy Akoué, décédé en octobre 2023 à la suite de violences présumées, et de Johan Bounda, mort en détention en décembre 2024.
L’organisation rappelle également que la peine de mort porte atteinte au droit à la vie, garanti par la Constitution gabonaise et par les conventions internationales ratifiées par le Gabon. Elle met en garde contre son caractère irréversible, dans un contexte où les risques d’erreurs judiciaires demeurent élevés.
Et pour finir, SOS Prisonniers appelle les autorités gabonaises à privilégier des politiques axées sur la prévention de la criminalité, le renforcement de l’indépendance de la justice, le respect de la dignité humaine et l’humanisation des conditions carcérales.
Yolande Bazié
En savoir plus sur Nouvelles Afrique
Subscribe to get the latest posts sent to your email.






