Un ancien haut responsable de l’administration gabonaise séjourne actuellement en détention à Franceville. Jacques Lengoro Mazanga, ex-directeur adjoint du Budget admis à la retraite, a été condamné à une peine de principe pour entrave à l’action de la justice et abus de confiance, conformément aux dispositions de l’article 183 du Code pénal gabonais, a-t-on appris de sources judiciaires.
Les faits à l’origine de cette affaire remontent à 2014. À cette époque, alors qu’il occupait encore de hautes fonctions au sein de l’administration financière, M. Lengoro Mazanga aurait conclu un accord avec un entrepreneur pour l’acquisition de matériaux de construction destinés à l’édification d’une maison de 15 chambres.
Le montant total du marché était estimé à 13 614 400 FCFA, avec un paiement échelonné convenu entre les deux parties
Selon les éléments versés au dossier, l’entrepreneur aurait honoré ses engagements en livrant les matériaux convenus. Toutefois, malgré plusieurs relances, le client ne se serait pas acquitté de l’intégralité de la somme due. Après le départ à la retraite de l’ancien responsable administratif, le fournisseur a saisi la juridiction civile compétente afin d’obtenir le règlement de sa créance.
La justice aurait alors ordonné le remboursement des montants dus. Mais, d’après les mêmes sources, l’ancien directeur adjoint du Budget aurait refusé d’exécuter cette décision judiciaire. Il aurait en outre déposé une plainte contre l’entrepreneur, invoquant des motifs jugés infondés par la juridiction saisie, une démarche qui a conduit à l’ouverture de poursuites pour entrave à l’action de la justice et abus de confiance.
Placée sous mandat de dépôt le 9 février 2026, l’affaire a été examinée en flagrant délit le 11 février par le tribunal de première instance de Franceville, chef-lieu de la province du Haut-Ogooué. À la barre, le prévenu a d’abord contesté les faits avant de reconnaître finalement les accusations portées contre lui.
Dans ses réquisitions, le ministère public a rappelé la gravité des charges retenues et insisté sur la responsabilité particulière qui incombe à un ancien haut fonctionnaire, tenu à un devoir d’exemplarité. Le parquet a ainsi requis une condamnation ferme, estimant que nul ne saurait se soustraire à l’exécution d’une décision de justice.
Jacques Lengoro Mazanga demeure incarcéré à la maison d’arrêt de Franceville dans l’attente de la décision définitive du tribunal, annoncée pour le 18 février 2026. Cette affaire met en lumière les exigences de probité et de respect de l’autorité judiciaire auxquelles sont soumis tous les citoyens, y compris les anciens gestionnaires de l’État.
Yolande Bazié
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