La cour d’appel de Paris étudie ce lundi 10 novembre 2025 la demande de mise en liberté déposée par les avocats de Nicolas Sarkozy dans le cadre du procès dit libyen.
L’ancien président de la République comparaît en visioconférence depuis 9h30, assisté de Me Darrois, l’un de ses avocats.
Le parquet général a requis une libération sous contrôle judiciaire, assortie d’une interdiction d’entrer en contact avec les autres prévenus et témoins du dossier.
La décision de la cour est attendue dans l’après-midi. Nicolas Sarkozy, détenu à la prison de la Santé à Paris depuis le 21 octobre, refuse toujours les repas servis dans sa cellule.
Rappel de l’affaire du financement libyen
L’affaire du financement libyen trouve son origine dans les soupçons selon lesquels le régime de Mouammar Kadhafi aurait contribué au financement de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy.
Les enquêteurs ont mis au jour des documents libyens, des témoignages d’intermédiaires et des flux financiers suspects. L’ex-chef de l’État conteste ces accusations, qu’il juge infondées et motivées politiquement.
Les grandes étapes du dossier
2012 : ouverture d’une enquête préliminaire par le Parquet national financier après les révélations de Mediapart.
2018 : mise en examen de Nicolas Sarkozy pour corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens.
2020 à 2023 : auditions et confrontations des protagonistes, plusieurs anciens ministres et intermédiaires sont mis en cause.
Janvier 2025 : ouverture du procès devant la 32e chambre correctionnelle de Paris.
25 septembre 2025 : condamnation de Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs. La peine est assortie d’une exécution provisoire, rendant l’incarcération immédiate malgré l’appel.
21 octobre 2025 : incarcération de l’ancien président à la prison de la Santé, où il refuse de s’alimenter.
10 novembre 2025 : examen de sa demande de libération sous contrôle judiciaire par la cour d’appel de Paris.
Un dossier à portée historique
Cette affaire constitue une première dans l’histoire de la Ve République. Aucun ancien président n’avait été condamné à une peine de prison ferme pour des faits de corruption liés à un financement étranger. Elle soulève des questions majeures de transparence et d’intégrité publique dans la vie politique française.
Credit photo: Nicolas Sarkozy et son épouse, Carla Bruni, le 21 octobre, le matin de l’incarcération de l’ancien président. Photo Sipa/Arnaud Cesar Vilette
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