Le Pôle économique et financier (ECOFI) du Tribunal de grande instance Ouaga I a rendu son verdict, le vendredi 9 janvier 2026, dans une affaire de détournement de fonds publics impliquant plusieurs anciens responsables du Fonds d’Intervention pour l’Environnement (FIE).
Poursuivis pour des faits d’abus de fonction, de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de concussion, les prévenus ont comparu devant la juridiction spécialisée à l’issue d’une procédure qui a suscité un vif intérêt de l’opinion publique, en raison de la qualité des personnes mises en cause et de l’importance des montants en jeu.
À l’issue des débats, le tribunal a prononcé des peines différenciées. Le nommé S. K. J. M. a été reconnu coupable d’abus de fonction et de détournement de fonds publics portant sur un montant global de 24 millions de francs CFA. Il a écopé d’une peine de cinq ans d’emprisonnement avec sursis, assortie d’une amende de 67,8 millions de francs CFA.
Dans le même dossier, K. L. a été condamné pour enrichissement illicite à 24 mois de prison et à une amende de 5 millions de francs CFA. De leur côté, O. S. et O./D. A. C. ont été reconnus coupables de concussion pour des montants respectifs de 500 000 francs CFA et 50 000 francs CFA, et condamnés à des peines de prison avec sursis.
Outre les sanctions pénales, la juridiction a ordonné la réparation du préjudice subi par l’État burkinabè. À ce titre, S. K. J. M. devra reverser 22,85 millions de francs CFA, tandis que les autres condamnés sont tenus de payer des montants compris entre 50 000 et 1,5 million de francs CFA à titre de dommages et intérêts.
Ce jugement constitue un signal fort dans la lutte contre la corruption au Burkina Faso, traduisant la collaboration entre les structures de contrôle et les autorités judiciaires pour promouvoir la transparence et la bonne gouvernance dans la gestion des fonds publics.
Représenté par l’Agent judiciaire de l’État (AJE), le gouvernement burkinabè a indiqué son intention d’engager les procédures nécessaires pour le recouvrement effectif des sommes dues, avec des délais judiciaires allant de six à douze mois.
Pour rappel, cette procédure judiciaire fait suite à une enquête pénale ouverte sur la base d’un rapport d’audit et d’investigation établi en janvier 2024 par l’Autorité supérieure de contrôle et de lutte contre la corruption (ASCE-LC), et transmis au Procureur du Faso le 30 décembre 2024.
Djamila Kambou
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