Le gouvernement burkinabè a officiellement élevé le Centre universitaire de Gaoua, situé dans la région du Sud-Ouest, au rang d’université de plein exercice. L’établissement portera désormais le nom d’Université Sib Sié Faustin (U2SF), en hommage à l’éminent universitaire et homme d’État burkinabè, décédé en 2019 à l’âge de 80 ans.
La décision a été entérinée par décret lors du Conseil des ministres du 5 février 2026. À travers ce baptême, les autorités entendent saluer la contribution exceptionnelle du Pr Sib Sié Faustin au développement de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique au Burkina Faso.
Né en 1939 à Kampti, dans la région du Sud-Ouest, Sib Sié Faustin figure parmi les grandes figures scientifiques de l’ère post-indépendance. Après un parcours académique à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou, il poursuit ses études en France où il obtient, en 1974, un doctorat d’État en sciences physiques à l’Université Paris VI.
De retour au Burkina Faso en 1975, il s’impose rapidement comme l’un des piliers de l’Université de Ouagadougou, alors en pleine structuration. Professeur titulaire de chimie organique à partir de 1986, il a largement contribué à la mise en place du troisième cycle de chimie et à la création de l’Institut de mathématiques et de sciences physiques (IMP).
Le Pr Sib Sié Faustin a également occupé des fonctions administratives et politiques de premier plan. Il a notamment été ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique entre 1980 et 1982, ainsi que doyen de la Faculté des sciences et techniques.
Son influence a dépassé les frontières nationales avec son élection comme premier président de la Société ouest-africaine de chimie (SOACHIM), confirmant son rayonnement régional dans le domaine scientifique.
Engagé très tôt dans la vie associative, il fut également, en 1954, le premier secrétaire général national de la Jeunesse Étudiante Catholique (JEC).
En donnant son nom à l’université de Gaoua, le Burkina Faso rend hommage à un bâtisseur discret, dont l’héritage scientifique, académique et humain demeure une source d’inspiration pour les générations présentes et futures.
Djamila Kambou
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