Au Burkina Faso, le secteur de l’habitat occupe désormais une place stratégique dans les politiques de développement. Porté par une urbanisation rapide et parfois mal maîtrisée, il se heurte aujourd’hui à un défi de taille : adapter la ville aux réalités climatiques et environnementales.
Dans les centres urbains, la multiplication des constructions en béton et l’extension anarchique des quartiers ont progressivement montré leurs limites. Logements surchauffés, forte consommation d’énergie et disparition des espaces verts sont autant de signes d’un modèle urbain qui peine à répondre aux besoins des populations, dans un contexte marqué par le changement climatique.
Face à cette situation, de nouvelles approches émergent. De plus en plus, les projets de construction intègrent des solutions écologiques, misant sur des habitats plus économes en énergie et mieux adaptés aux conditions climatiques locales. L’usage de matériaux locaux, l’amélioration de la ventilation naturelle et le recours aux énergies renouvelables s’imposent peu à peu comme des alternatives crédibles aux pratiques anciennes.
Cette dynamique s’accompagne d’une réflexion plus large sur l’aménagement urbain. Les autorités et les acteurs du secteur s’orientent vers des espaces plus aérés, végétalisés et pensés pour améliorer le cadre de vie. L’ambition est de bâtir des villes où développement urbain rime avec bien-être des populations et préservation de l’environnement.
Par ailleurs, la réforme agraire et foncière engagée par l’État entend apporter des réponses aux difficultés d’accès au foncier, notamment pour les couches sociales les plus vulnérables. En luttant contre la spéculation foncière et en favorisant une meilleure répartition des terres urbaines, cette réforme vise à poser les bases d’une ville plus juste et plus inclusive.
Ces efforts s’inscrivent dans une politique environnementale plus globale, illustrée notamment par la lutte contre la pollution plastique, dans laquelle le Burkina Faso s’est illustré ces dernières années. Construire autrement, rénover intelligemment et assainir durablement deviennent ainsi des priorités indissociables.
À travers ces mutations, le pays trace progressivement la voie d’un modèle urbain plus résilient, où développement, protection de l’environnement et justice sociale se conjuguent au service des populations.
Djamila Kambou
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