Le procès de Florence Kingbo, jeune influenceuse âgée de 21 ans, a débuté mardi 3 février 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) du Bénin, dans un climat chargé et tendu. Elle est poursuivie à la suite d’une vidéo diffusée en décembre 2025, dans laquelle elle critiquait vivement le président Patrice Talon, avec un ton jugé provocateur par les autorités.
Cette vidéo, largement partagée sur les réseaux sociaux, a conduit à son arrestation et à son placement en détention provisoire, avant sa présentation devant le procureur spécial de la CRIET.
Dès l’ouverture de l’audience, le comportement de la prévenue a retenu l’attention : mâchant ostensiblement un chewing-gum, elle a répondu sans détour aux questions du juge, reconnaissant les faits qui lui sont reprochés. Toutefois, elle a dénoncé ce qu’elle considère comme une application inégale de la justice, soulignant que les critiques formulées à l’encontre de l’ancien président Boni Yayi n’ont pas donné lieu à des poursuites similaires, contrairement à celles dirigées contre le président actuel, selon des propos relayés par plusieurs médias locaux.
Son avocat, Me Aboubacar Baparapé, a tenté de faire valoir une irresponsabilité pénale en raison de troubles mentaux éventuels, défense que Florence Kingbo a vigoureusement rejetée, affirmant sa pleine conscience et sa lucidité tout au long de la procédure.
La prévenue a également justifié son attitude pendant l’audience, notamment le fait de mâcher un chewing-gum, arguant qu’aucun règlement ne l’en interdisait. Certaines de ses réponses, jugées déplacées par certains observateurs, ont contribué à la tension palpable dans la salle d’audience.
Sur le plan juridique, la défense a sollicité la remise en liberté provisoire de Florence Kingbo, invoquant des motifs liés à la sécurité de sa cliente. Cette demande a toutefois été contestée par le ministère public, qui a appelé au maintien de la détention.
Par ailleurs, la prévenue a tenu plusieurs déclarations ironiques concernant son incarcération et le déroulement du procès, allant jusqu’à déclarer se sentir « à l’aise en prison » et minimisant la possibilité d’un report prolongé du dossier. Ces propos ont conduit la présidente de la cour à interrompre temporairement l’audience afin de rétablir l’ordre.
À l’issue de cette première audience, la CRIET a décidé de renvoyer l’affaire au mardi 24 mars 2026, date à laquelle le ministère public présentera ses réquisitions et statuera sur la demande de liberté provisoire.
Djamila Kambou
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